Hier , il s'est passé un moment fort , surement le plus fort . J'étais là derriére cette porte avec ma blouse verte te regardant à travers cette petite fenêtre , et regardant aussi contre mon gré toutes ces infirmiéres qui s'occupaient de toi . A ce moment , j'ai vu une distance incroyable entre nous deux , entre ces infirmiéres et cette porte avec une petite ouverture pour seule moyen de communication avec toi . Peut-être avais je l'impression d'être enfermée en cage , en prison alors que ce n'etais pas moi la personne enfermée . Alors que moi je te voyais de l'extérieur , à l'extérieur de cette chambre de surveillance . Te voir la bàs , sans pouvoir te lever et entendre tes cris , tes pleurs comment ne pas se sentir impuissante face à cela ?
Puis tu as tourné la tête , tu m'as regardé . Je n'ai détourné les yeux de ton regard , peut être ai je vu ton oeil briller ? La formation d'une nouvelle larme ? Tu as du voir dans le fond de mes yeux , l'impuissance et le mal qu j'éprouve en te voyant ainsi car tu m'as esquissé un sourire . Il était beau , douloureux sûrement forcé d'ailleurs . Il ne ressemblait à rien à tous ceux que tu fais inconciament . Celui là n'était pas pour rire , celui là était pour me rassurer . J'en ai vu l'espoir ; la force . Face à cela , j'aurai pu pleurer d'émotions mais non je t'ai repondu d'un sourire aussi forcé que le tien . Je ne sais pas si tu y as prété attention , si tu as vu dans ce sourire cette peur et cette faiblesse mélangées à du soutien et de l'espoir . Je t'aime .